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Sep07

Interview FI.SHE.S

Categories // News, Interviews

Par Clément Gasc (Agorafrog)

Photo : Elise Grynbaum

En collaboration avec Agorafrog

FI.SHE.S est une formation de cinq jeunes loups aux dents longues, biberonnée à la crème de la crème anglaise et américaine de Foals à Bombay Bicycle Club, en passant par Grizzly Bear et Animal Collective. Audiophiles/musicophiles jusqu’au bout des ongles, le quintet francilien décrasse la scène indépendante francophone avec une pop vitalisante à souhait, guitares chaloupées à foison, riffs attractifs dans la lignée du renouveau surf pop actuel.

Voir le clip de "Nightcall" (reprise de Kavinsky)


Quand on s’appelle FI.SHE.S, comment fait-on pour ne pas se noyer dans ce grand océan pop ?

Steve : Pour ne pas se noyer, on choisit son chemin et on essaye de le suivre, en continuant de nager et en avançant. On remonte la rivière si on a besoin de l’a remonté. Prochainement, on enregistre un EP, donc c’est le prochain gros objectif. On veut essayer de bien enregistrer cet EP, fournir de bons morceaux et pouvoir continuer ensuite les concerts.

Quels artistes ont particulièrement influencé votre travail ?

Rémy : Des artistes, il y en a toujours…Tout le temps… Même des nouveaux…dès que ça sort, ça nous branche direct. Récemment il y a le dernier album de Bombay Bicycle Club. Alt-J on a bien aimé aussi. Sinon il y a des classiques qui nous ont marqué du genre Foals, Grizzly Bear ou Radiohead. On a écouté beaucoup de groupes que les gens de notre âge ou de notre époque écoutent, du coup nous sommes inspirés par des groupes comme ça.

Avec quels groupes êtes-vous tous d’accord ?

Steve : Il y en a pas mal sur lesquels nous sommes d’accord et en vérité ça vient au fur et à mesure. Des fois, ça ne va pas être forcément un artiste en particulier ni son œuvre en intégralité, cela peut-être un morceau chopé sur le net d’un artiste inconnu que personne ne connait. On tombe juste sur un morceau, on fait écouter aux autres, ils kiffent et cela peut nous influencer parfois de manière très brève. Ce sont des influences permanentes. Après il est clair que nous gardons une certaine ligne directrice. Il y a une dizaine de groupes avec lesquels nous sommes tous d’accord, parce qu’ils sont tous vachement différents, il y a une grosse diversité.

Pour les gens qui ne connaissent pas encore FI.SHE.S, comment définiriez-vous le style de votre groupe ?

Clément : Je dirais que l’on fait ce qui sort de nous tout simplement. On se fait plaisir, on partage nos idées en répètes jusqu’au moment où on tombe tous d’accord. Nous sommes vraiment de gros boulimiques de musique, on va chercher un peu partout, on écoute vraiment de tout et on ne se limite pas qu’à une seule chose.

Rémy : Sur le facebook du groupe, c’est écrit pop indé ! (rires) Pop c’est assez général en fait, il peut très bien y avoir un peu de rock et de musique électronique. Et indé parce que ce n’est pas non plus classable dans la pop.

Steve : Ce côté pop indé est une contradiction en quelques sortes. FI.SHE.S en est une de toute façon. On a nous-mêmes un côté très mainstream et on essaye de contrebalancer avec ce qu’on va expérimenter. L’indé finit forcément par faire partir de la hype, nous on se situe au milieu et c’est très bien comme ça.

Dorian : Oui et puis il y a beaucoup de groupes qu’on adore qui sont giga indépendants et qui sont pourtant vachement commercialisés et hyper écoutés du grand public.

Comment s’est passée votre rencontre et quel a été l’élément déclencheur ?

Dorian : Moi je suis le dernier à être rentré vraiment dans la bande de copains. Il y a eu Rémy, Steve et Clément qui étaient au lycée ensemble et qui avaient déjà formé un groupe de rock. Et puis moi j’ai rencontré Rémy en soirée il y a bientôt quatre ans. Il m’a dit qu’il avait un concert la semaine suivante avec son deuxième groupe en parallèle. Du coup je suis rentré dans son groupe et j’ai appris beaucoup grâce à lui. J’ai rencontré le reste de la bande et on a décidé de faire un groupe comme ça…  Parce qu’on écoutait tous de la musique, on faisait tous de la musique et parce qu’on était pote.

D’où vient le nom FI.SHE.S ?

Steve : Ce ne sont que des déclinaisons au fur et à mesure. Ça été Kinda Weird Fishes au début, puis FI.SHE.S par la suite. A partir du moment où on avait adopté le côté poisson, on a décidé de raccourcir, c’était plus simple. Pour le sens, il y en a plusieurs, je laisse Rémy raconter.

Rémy: Le premier morceau qu’on a composé, c’était avec la fille qui nous avait promis le concert à Boston deux mois après, donc il fallait qu’on compose. On a composé à l’arrache notre morceau dans un aquarium. Sinon je suis fan de pêche, mais je n’ai jamais eu l’occasion de pêcher ! Il y a des milliers de poissons qui vivent ensemble sans aucuns soucis et il y en a des millions qu’on découvre chaque jour. On espère être les prochains !

Qu’est-ce que les musiques électroniques ont apporté à votre musique? Pensez-vous participez à votre manière à la manifestation actuelle de l’électronisation de la pop ?

Clément : C’est surtout que les musiques électroniques offrent énormément de possibilités. Ça rajoute une toute autre ambiance à la musique. On ne se fixe pas spécialement de but ni de direction, c’est vraiment un apport supplémentaire.

Steve : Ce sont des possibilités en plus. C’est le moyen d’entremêler acoustique et électronique. Nous ne sommes pas totalement dans cette nouvelle mouvance où il faut absolument avoir des sons électro, des claviers, des synthés etc…C’est juste qu’on aime autant la folk que la musique électro.

De plus en plus d’artistes ne se limitent pas à un style musical précis et piochent dans différents univers sonores. Partagez-vous cette vision d’approche du son ?

Clément : On fait les choses qui nous plaisent, vu qu’on ne se fixe pas de limites. On est à l’aise avec ça. Après par rapport au cover de « Nightcall » de Kavinsky, on a mêlé certaines choses et les retours ont été très positifs dans l’ensemble. Mais on ne se limite pas à ça.

Rémy : On ne se fixe pas de limites, mais en même temps on essaye d’avoir quelque chose d’assez homogène.

Etes-vous comme des poissons dans l’eau ? Vous sentez-vous à l’aise dans cette grande famille pop ?

Dorian : On adore à la fois jouer, composer et enregistrer des morceaux. On a des morceaux qu’on a composé récemment et d’autres plus anciens où on attend d’être plus mature pour les reprendre. On ne crache sur rien par rapport à ce qu’on a composé, on est content de tout ce qu’on a fait jusqu’à présent. On est content de la musique qu’on fait aujourd’hui, on est à l’aise en live, on espère le rester, on progresse.

Steve : A chaque étape, on en veut toujours plus, on a faim !

Comment se passe le processus de création ? Pas trop dur de s’entendre quand il y a cinq décisionnaires ?

Steve : Ça va tellement dépendre des morceaux en vérité. A chaque fois la démarche est différente et elle provoque aussi des musiques différentes. La manière de travailler n’est jamais la même sur chaque morceau. La mélodie est apportée par une personne différente à chaque fois. Des fois, on va avoir des morceaux où l’on va galérer à boucler, on va mettre des mois pour finir un morceau, parce que personne ne va avoir une idée. Et d’autres fois, il y a des morceaux où ça va être bouclé en 3 ou 4 heures de temps, on a quasiment tout fait et il ne reste plus qu’à fignoler. Un morceau n’est jamais fini avant de l’avoir jouer ensemble tous les cinq.

Rémy : Steve et moi on vit ensemble depuis plusieurs mois et du coup on travaille beaucoup ensemble. Ça apporte un petit démarrage à la chose, on peut avoir même pas 30 secondes de morceau et puis on fait la suite en répètes.

Le mercredi 12 septembre, au Café de la Danse, vous partagerez l’affiche aux cotés des Popopopops et d’Hyphen Hyphen. Comment vous préparez-vous à cela ?

Rémy : Concernant la préparation de ce concert, on commence un accompagnement d’artistes avec le File 7 qui est une salle de concert près de chez nous en Seine-et-Marne. On a deux jours de résidence, on va pouvoir avoir du temps pour travailler.

Steve : Du coup avec notre ingé son, on va pouvoir bosser dans de très bonnes conditions live, chacun avec son retour. Sinon, les Hyphen on les a vus quelquefois. Ils sont vraiment très cools, ça fait vraiment plaisir d’avoir une date avec eux. Les Popopopops on ne les a jamais vus, mais on a écouté leur dernier EP qu’ils ont sorti et c’est assez lourd.

De quels groupes vous sentez-vous proches, musicalement ou spirituellement ? Peut-on citer O Safari ou Caandides par exemple ?

Dorian : O Safari on les a vus à l’International il y a trois mois et j’ai vraiment eu un petit coup de cœur pour eux. Caandides, nous avons fait un concert avec eux dans une baraque au Printemps de Bourges. Ils sont supers cools, on les a vus aussi au Nouveau Casino. Ils méritent ce qui leur arrive.

Steve : Spirituellement, je pense à un groupe qui vient juste de s’éteindre et qui est Quadricolor. C’est un groupe qui nous a motivé un truc de dingue. Ils nous ont motivé et pousser vraiment à travailler. C’était un gros espoir français en termes de créativité, de travail et de performance. Leur EP était impeccable.

Comment voyez-vous l’avenir du groupe et qu’espérez-vous ?

On espère continuer notre accompagnement avec le File 7 et ainsi pouvoir bien travailler là-bas. Ça ne peut être que bénéfique. Préparer notre EP correctement et les concerts qui arriveront.

Clément : Comme a dit Steve, on a faim, on a grave les crocs, on veut toujours aller plus loin, expérimenter et découvrir plus car nous sommes des passionnés.

Avez-vous un dernier mot à ajouter ?

Gloups ! Gloups !

Steve : Il faut continuer d’aller checker notre reprise de Kavinsky, avec un petit clip qui va avec. On a pris plaisir à le faire même si on a mis du temps et qu’on a galéré par rapport aux moyens qu’on avait. Mais nous en sommes très satisfaits.

Crédit Photos: Kelly Joaquina (http://ohmabiche.blogspot.fr/http://www.flickr.com/photos/kellyjoaquina/)

Voir la vidéo de "A Drive To The Psychos"

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