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Interview Hyphen Hyphen

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Par Clément Gasc (Agorafrog)

Interview Hyphen Hyphen

En collaboration avec Agorafrog

Hyphen Hyphen est une formation de quatre jeunes niçois, passionnés et très créatifs, qui touchent à différents styles avec une énergie folle, pour accoucher d’un son inédit et actuel, à la croisée des chemins entre une dance-punk aux rythmes électroniques et une électro-pop frétillante aux pointes disco. Venez découvrir ce son trépidant aux pulsions festives, cette musique galvanisante qui donne la pêche et qui repousse un peu plus loin les limites de l’esthétisme. Hyphen Hyphen, retenez bien ce nom, débarque avec Wild Union (second EP du groupe) et devrait balayer tout sur son passage dans les semaines à venir. Avis aux programmateurs de spectacles ou shows détonants. Rencontre avec Santa, Zac, Puss et Line, lors de la 24e Edition du Festival Chorus, dans leur chambre d’hôtel, à quelques pas du Parvis de La Défense.

Voir le clip de "Baby Baby Sweet Sweet"

Pourquoi Hyphen Hyphen ?

Santa - Déjà parce que l’on aimait bien la sonorité du mot. Et puis, pour la petite histoire, Zac l’avait entendu en cours de grec ancien et ça veut dire le lien. Ça veut dire aussi trait d’union en anglais, donc on a trouvé que ça nous correspondait bien, car nous sommes une tribu unie.

Comment définiriez-vous votre musique ?

Santa - On n’aime pas trop définir notre musique. Ce n’est pas facile, on n’a pas encore assez de recul. On est dans le courant pop/rock/électro, inspiré par la vague anglo-saxonne et le rock électro. Le premier EP Chewbacca I’m Your Mother était beaucoup plus pop/rock et le second Wild Union, qui sortira le 2 mai prochain, est un essai beaucoup plus objet, avec une histoire, une quête initiatique, plus profond que le premier au niveau des paroles. Ce sera une autre facette du groupe. C’est pour ça que l’on aime bien faire des EP, car on peut proposer des choses très différentes.

Sortie en digital ?

Santa - Il sort le 2 mai en digital, après en physique tu peux le trouver à la fin des concerts et dans quelques Fnac.

Nous, on aime bien ce format. On va s’essayer à un autre format très prochainement, après la sortie officielle du second EP, on sortira le mois prochain un autre titre avec un clip aussi.

Pour créer, êtes-vous dans une petite bulle ou bien est-ce que vous regardez, écoutez beaucoup les autres ?

Zac - On écoute beaucoup, on cherche tout le temps, on parcourt pleins de blogs, mais c’est parce que l’on aime ça et parce que nous sommes des passionnés.

Santa - Tous les tumblr du monde, tous les blogs de design, d’images et de musique… Moi j’adore tout ce truc de blog, parce que tu écoutes, tu as de l’information rapide, si tu en as marre tu zappes, tu peux voir vingt-cinq blogs dans la soirée, tu as l’impression d’être gavé d’images et de musique, et dans le lot parfois, tu trouves une perle, tu l’enregistres et tu te fais ta petite base de données…

Quelles sont vos influences ou derniers coup de coeur ?

Puss & Zac - Nos influences principales sont anglaises et américaines. Parmi nos derniers coup de cœur, il y a eu James Blake, Toro Y Moi, tout le monde a adoré Lana Del Rey, le dernier morceau de Lykke Li et Justice même si on n’a pas trop accroché avec leur dernier album.

Pourtant reconnu « Meilleur Album de musiques électroniques » lors des 27e Victoires de la Musique…

Santa - Les victoires de la musique on le sait, elles ont quatre, cinq années de retard…

Vous n’avez pas peur justement de vous faire connaître du grand public d’ici 4/5 ans ?

Santa - Je serai ravie que l’on se fasse d’abord connaître Outre-Manche et qu’on revienne ensuite en France.

Est-ce que vous devez beaucoup à Internet ?

Santa - Je ne sais pas si l’on doit beaucoup à Internet, mais on vit bien le fait de partager toutes ces informations presque en direct avec les fans… Avec ces nouveaux types de communication tels que Twitter, les gens sont au courant si tu as une culotte verte ou rouge… Nous le vivons assez bien car nous sommes nés avec. On consomme l’information comme on mange une biscotte.

Santa, comment le prends-tu, si je te dis que tu me fais parfois penser à Florence Welch ?

Santa - J’adore Florence and the Machine, surtout en live, mais au niveau de son dernier album, ça ne ressemble pas du tout à ce que l’on fait, après peut-être au niveau de l’énergie…

Avez-vous conscience de l’image que vous renvoyez sur scène ?

Santa - Sur scène, on essaye de délivrer le plus d’énergie possible, car nous voulons créer un partage avec les gens, une esthétique et une musique différente avec laquelle, on peut communiquer un maximum de choses.

Zac - Cela fait partie d’un tout, c’est naturel et c’est la continuité de ce que l’on vit, de la manière dont on compose nos morceaux aux images que l’on a dans la tête.

Entre vous, était-ce une évidence ?

Santa - On s’est choisi parce qu’on avait la gnaque et je savais pertinemment qu’on avait une équipe prête à conquérir la scène.

Line - On s’est dit directement « on le fait » et on l’a fait à fond. C’est tout.

Votre ambition ? Est-ce que c’est de créer un son Hyphen qui vous est propre ?

Santa - Lorsque tu lis les interviews, tous les groupes d’aujourd’hui veulent faire leur son, mais au final quand tu écoutes X ou Y, tout se ressemble. Mais c’est notre ambition bien sûr.

Puss - On veut surtout se détacher des influences que l’on peut nous coller et qui nous ont bercés à un moment donné.

Est-ce travaillé ce côté Fluokids à la manière des Klaxons, ce petit côté American Apparel bariolé, couleurs, néo tribal…?

Santa - On en a conscience mais on essaye de s’en détacher au maximum. Sur le second EP, il y a une évolution avec de nouvelles facettes du groupe qui ont été abordées. C’est ça qui est amusant et intéressant lorsque tu fais de la musique, c’est le renouvellement.

Zac - Disons que notre musique et le reste sont conçus en même temps. Nous ne faisons qu’exprimer ce que nous sommes à la base.

Santa - Est-ce qu’on va jouer une tribu d’hommes néo cosmique/cosmopolite dans le Sahara ou bien une horde de grenouilles qui traverse le désert ? Ce sont des images que l’on s’échange et qui représentent les différents aspects d’Hyphen Hyphen. On se parle en images. On s’amuse beaucoup autour de l’esthétique du groupe.

Santa plus personnellement comment expliques-tu ton énergie dévastatrice sur scène et rappelles-moi ta formation musicale ?

Santa - J’ai fait du piano classique…après c’est ma rage de vivre, c’est aussi par rapport à tout ce que tu peux vivre et les émotions que tu souhaites transmettre au public. Notre rôle c’est de donner le maximum d’énergie sur scène. On veut faire un spectacle qui te fait oublier un petit peu ton quotidien, qui t’amène vers quelque chose d’autre, au-delà de tout ce que tu peux vivre.

HYPHEN c’est une sorte de mouvement néo-tribal ?

Santa - On est une vraie tribu, on vit ensemble, surtout en ce moment. On se dit que dans les dix prochaines années, soit ça marche, soit ça casse, et du coup on se donne les moyens de réussir et on voit tout le travail qu’il faut fournir.

Quelles sont les valeurs premières du groupe ?

Zac - On veut une communion, un partage avec les gens, moi j’aime bien ce petit côté « galvanisation guerrière », un truc bien épique, les grands sentiments…

C’est plus facile d’avoir l’air triste et pitoyable, plutôt que l’inverse…

Santa - Ce sont des émotions difficiles à retranscrire en tant que musicien. Etre épique, transmettre des émotions, donner la rage à la petite fille devant toi ce n’est pas évident, car tu te rends compte que tu as un public hyper varié.

Avez-vous ciblé votre public justement ?

Line - Nous sommes ravis, il n’y a pas que des minots de seize ans, c’est varié…

Santa - 14/15 jusqu’à 50/60 ans. On est très content de ça, il y a de jeunes actifs de 25/30 ans et autre.

Un titre en radio est-ce l’objectif ?

Santa - Le second EP a été fait pour nos fans et pour montrer une nouvelle facette du groupe, les deux singles qui arrivent auront davantage l’aspect radiophonique par rapport aux autres.

Le but est-il de vous pérennisez sur la scène française ?

Santa - Non pas seulement, le but c’est d’aller au-delà, sinon nous aurions choisi de chanter en français.

Le choix du chanter anglais s’est-il fait facilement ?

Puss - C’est très difficile de faire ce qu’on fait en français. Et si on souhaite s’exporter, ce qui est notre but aussi, ce sera d’autant plus facile pour aller vers d’autres pays.

Santa - Oui c’est clair, et puis étant donné que l’on parle tous couramment anglais, moi-même je suis d’origine américaine, la question ne s’est même pas posée. Moi je suis née en France, de mère américaine et fière de l’être.

Line- Moi oui, car personnellement j’écoute vraiment très peu de rock français.

Zac - C’est comme si tu devais mettre une langue sur Daft Punk ou bien sur Justice, tu ne mettrais pas le français…

Vous privilégiez l’aspect électronique ou plus celui rock ?

Santa - On ne se met aucune étiquette, on s’en fout complètement.

Line - Autant Puss peut nous trouver un joli riff et on fait simplement guitare, batterie, voix, avec basse ou bien, on peut faire quelque chose de beaucoup plus électronique ou il n’y a que des machines de branché, ça dépend.

Santa - Oui, ça change, on a des moments électro et d’autres hyper acoustiques, avec une musique beaucoup plus précieuse.

Zac, qu’est-ce qui t’inspires niveau batterie ?

Zac - Moi à la base, j’ai une formation de jazz, mais lorsque je joue avec Hyphen Hyphen, j’essaye de faire plusieurs choses genre Cyril Atef, le batteur de M, on dirait de la house, jouée avec des djembés, je trouve ça génial, mélange de transe africaine et d’électro groove.

Comment se passe le processus de composition, musique d’abord ?

Santa - Les textes viennent après en général, mais ça dépend en fait.

Zac - On propose tous des idées, des espèces de briques et le plus gros travail au final c’est d’arriver à gérer tout ça et de faire un morceau.
Line - Chacun a un moment balance quelque chose, une idée et apporte sa touche sur la partie qu’il doit faire.

Vous êtes tous multi-instrumentistes ?

Santa - Quand tu composes, tu composes des phases, et des phases dans les phases, tu deviens multi-instrumentiste. A partir de ta base, tu peux décomposer, recomposer les arrangements, construire, déconstruire, c’est intense.

Zac - Disons qu’on est tous capable d’orchestrer quelque chose intégralement.

Le compromis est-il possible ?

Santa - Chacun a un droit de véto. Quand il y a l’unanimité, il y a l’unanimité, s’il y a une partie qui ne plait pas à un d’entre nous, elle est modifiée ou supprimée.

Etes-vous nés dans le bon pays finalement ?

Santa - Si nous étions nés en Angleterre, nous aurions chantés en français, on se serait exportés au Luxembourg, ou dans un pays scandinave ou francophone. Non, mais blague à part, je suis contente d’être française.

Yeasayer, Foals, Battles c’est un petit peu vos cousins éloignés ?

Zac - Oui bien sûr ils ont été nos grosses influences, on adore toujours mais on essaye de ne pas les copier.

Qu’est-ce que vous répondez aux puristes qui sont hostiles aux musiques électroniques ou autres pop aux effets synthétiques ?

Santa - Une bonne chanson c’est une bonne chanson. Et puis un puriste il aimera une bonne chanson de toute manière. Moi je déteste l’électro pure qui ne raconte rien, une bonne chanson va au-delà d’un style, cela me touche du moment que ça me raconte quelque chose.

Zac- Je trouve qu’un morceau de techno pure pas intéressant, c’est exactement pareil que le 10000e morceau de blues avec les trois mêmes accords, c’est la même chose, donc puriste c’est un petit peu bête finalement.

Santa - Et puis, il y a des jeunes qui ont adoré Led Zeppelin, mais qui viennent quand même nous voir à des concerts, parce qu’ils ne sont pas fermés et parce qu’ils sont conscients que la musique évolue. On ne sera jamais les Who, on les adore, mais on ne fera jamais les mêmes choses qu’eux, on s’en inspire juste.

Zac - Les choses ont été faites et les messages ont été dits avec les moyens de l’époque, donc si tu refais les mêmes choses, à quoi sers-tu ? C’est inutile de répéter quelque chose qui a déjà été faite.

Santa - Les gens piochent beaucoup dans le passé parce qu’ils n’ont pas grand-chose à dire. Mais je crois qu’il y a encore beaucoup de choses à créer. C’est une phase vintage, parce qu’on fait du neuf avec du vieux. Moi j’adore toute cette période 70/80, on a été bercé avec cette musique, il faut le rappeler.

Hyphen Hyphen OVNI, pas OVNI ?

Santa - Nous avons surtout envie de faire notre propre musique et d’être différent. Cela commence pour nous, on est jeunes et nous avons beaucoup de choses à prouver aux gens.

Ne pas être dans le circuit classique du disque, qu’est-ce que ça vous fait ?

Zac - Tu peux faire plein d’EP, et si tu as un super morceau, tu n’as pas forcément besoin de l’habiller d’un album à côté. Ces dernières années, SebastiAn, a été pour moi un des artistes majeurs de la scène électro française, rien qu’avec deux, trois EP. Comme quoi !

Enfin, quelle est votre actu pour les semaines à venir ?

Santa - Donc, il  y a Wild Union notre deuxième EP, qui va sortir le 2 mai prochain et les clips qui vont avec. On est aux Découvertes 2012 du Printemps de Bourges, on a joué pour le Prix Chorus à La Défense, on est finaliste pour le Prix Adami Deezer, donc votez pour nous, car cela peut être un bon tremplin pour avancer. Puis, une quarantaine de dates qui arrivent en France et en Belgique.

Zac - Une tournée européenne serait la bienvenue.

 

(photos Olivia Rodrigue, http://oliviarodrigue.fr)

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